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L’AES trace sa trajectoire pour 2026, Niamey en chef d’orchestre

L’AES trace sa trajectoire pour 2026, Niamey en chef d’orchestre

 


Niamey — La Confédération des États du Sahel (AES) poursuit sa mue. Réunis ce lundi 23 février 2026 dans la capitale nigérienne, les responsables nationaux ont validé la feuille de route stratégique de l’organisation pour l’année à venir. Une étape clé pour cette alliance formée par le Niger, le Mali et le Burkina Faso, qui entend désormais dépasser le strict cadre sécuritaire.

La réunion, présidée par le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine, a permis d’enrichir le document initial à la lumière des priorités nationales et régionales. Elle intervient dans un contexte diplomatique mouvant, marqué notamment par un récent réchauffement des relations entre Niamey et Algérie, sans pour autant infléchir la ligne souverainiste revendiquée par l’AES.

D’une alliance sécuritaire à une ambition globale

Depuis sa création, l’AES s’est imposée comme une réponse politique à la crise sécuritaire persistante au Sahel. Mais la feuille de route 2026 confirme une évolution plus profonde : l’organisation se positionne désormais comme un cadre d’intégration politique, économique et stratégique.

Parmi les axes retenus, la sécurité reste centrale, avec la poursuite de la coordination militaire entre les trois États face aux groupes armés. Mais elle n’est plus pensée isolément. Le document met également l’accent sur le développement économique, considéré comme un levier indispensable à la stabilisation durable de la région, à travers des projets structurants et une meilleure intégration des économies sahéliennes.

Autre priorité notable : la diplomatie de l’eau. Inspirée des débats du dernier sommet de l’Union africaine tenu à Addis-Abeba, la question de l’accès à l’eau et à l’assainissement est désormais traitée comme un enjeu stratégique, à la croisée des problématiques sociales, économiques et sécuritaires.

Une affirmation politique assumée

En validant cette feuille de route à Niamey, l’AES envoie un signal clair : l’organisation ne se conçoit plus comme un simple pacte de circonstance, mais comme un projet politique structuré, porteur d’une vision commune du Sahel. Reste à savoir si cette ambition se traduira, sur le terrain, par des résultats tangibles pour des populations encore largement éprouvées par l’insécurité et la précarité.